Hier nous avons réalisé le trajet Shanghai / Tai'An, qui s'avéra un peu laborieux. Tout d'abord, dans le métro, nous avons pris trois trains différents pour rejoindre l'aéroport, pourtant sur la même ligne que l'hôtel. Résultat : enregistrement pour le vol réalisé sur le fil du rasoir, à quelques minutes près, après avoir couru dans l'aéroport sur une bonne distance.
Mais la Chine cela reste l'aventure et nous n'étions pas au bout de nos peines pour rallier Tai'an à environ 100 km de l'aéroport, 100 km qui furent longs, comme décrits
ci-après... Au final, il nous a fallu pas moins de 7 heures de trajet (dont seulement 1H30 de vol). Peut-être aurions-nous dû prendre le train, puisque le trajet de gare à gare durait 7H également, et cela
était plus économique et écologique...
Depuis l'aéroport donc, la solution de bus pour rallier notre destination Tai'An n'est pas terrible : 2H d'attente, 1H30 minimum de route, après lequel nous aurions dû prendre un taxi : coût total : ~150Y. Donc nous nous résignons à regarder si opter pour le taxi vaut le coup.
Pour une fois, c'est nous qui demandons à négocier le prix de la course plutôt qu'à utiliser le compteur. L'objectif premier n'étant pas d'avoir un meilleur prix au dépens de l'Etat chinois (car la course n'est probablement pas déclarée par le taxi si le compteur n'est pas utilisé) mais de s'assurer à l'avance du tarif pour une course aussi longue (cela réserve parfois des surprises).
Après une rapide négociation (chose très agréable en Chine, on peut qualifier de longue une négociation au bout de trente secondes), nous tombons d'accord sur le prix de 280Y.
Et là commence une petite aventure, qui nous a permis de découvrir la face cachée du business des taxis. Simple et pragmatique : il y a le rabatteur (qui trouve le client et négocie le tarif), et puis le ou les taxis qui réalisent la course. Le client paie au dernier taxi, qui a "acheté" le client au rabatteur ou au taxi précédent, qui lui-même peut avoir "acheté" le client, etc.
Mais revenons à nos moutons. Le rabatteur sur lequel nous tombons nous emmène dans sa Volkswagen (personnelle) pour sortir de l'aéroport et nous arrête devant le péage de l'autoroute. Argh ! Mais que se
passe-t-il ? Il commence alors une série d'appels pour "nous vendre" (bien sûr tout cela, on le comprend a posteriori, notre compréhension du dialecte chinois local au Shandong étant assez limitée). Vingt minutes plus tard, un taxi (un vrai !) nous prend et le trajet commence. Une fois arrivé à Jinan (un tiers du chemin environ – et probablement la ville où il habitait) on le sent hésitant sur la route à suivre (chose plutôt bizarre, car même nous, malgré les panneaux routiers où il n'y a quasiment que des sinogrammes, nous arrivions à trouver). Bon, peut-être cherchait-il des raccourcis...
Et tout à coup, il s'arrête au bord de la route, là où il y a quelques taxis. Une fois encore, rapide négociation entre taxis et notre chauffeur nous fait signe de sortir... Nous changeons à nouveau de véicule, qui lui nous emmène jusqu'à destination. On paie donc le dernier taxi 280Y. Celui-ci nous avait racheté au taxi précédent 180Y, qui lui-même nous avait acheté au rabatteur 80Y (oui, on pouvait voir les billets qu'ils se donnaient !). Ce dernier chauffeur, non sans mal, nous mènera jusqu'à destination, après avoir demandé 6 fois son
chemin à des locaux !
Faisons donc le bilan de qui gagne quoi et avec quel effort. Le dernier taxi, sur les 100Y qu'il a encaissés, a dû travailler environ 1H40 pour les avoir (1H aller, avec le temps de trouver, et probablement 40 minutes retour – je ne pense pas qu'il ait réussi à faire une course à Tai'An, il ne connaissait pas la ville), et doit
avoir environ 4L de frais d'essence (25Y) + les frais liés à l'automobile, mettons 25Y aussi. Le premier taxi, lui, a dû travailler aussi à peu près 1H40 (en comptant le temps pour venir nous prendre et
pour trouver le second taxi), avec des frais similaires.
Le rabatteur, quant à lui, a touché 80Y pour à peu près 30 minutes de travail, sur lequel son seul frais, outre le demi-litre d'essence consommé pour nous sortir de l'aéroport doit être de graisser un peu la patte au responsable des taxis de l'aéroport, mettons 20Y.
Conclusion de cette expérience, sans surprise : dans un marché libre, il est beaucoup plus rentable d'être distributeur que producteur, surtout si c'est en bout de chaine et face à un client mal informé sur la valeur d'un service, valeur qui est de plus relativement importante (au vu du coût de la vie dans la région, 280 yuans c'est une belle somme).
En effet, d'après ces estimations, le taux horaire de notre rabatteur est quatre fois supérieur à celui des taxis !
Et seconde conclusion : toujours bien réfléchir au temps global que cela prend avant de choisir l'avion, qui parait le plus rapide !
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