dimanche 12 décembre 2010

Thai news !

Pour faire le Tokyo/Bangkok, nous sommes repassés par Pékin et nous avons traversé en une seule et même journée : l'automne doux tokyoïte, le froid rigoureux pékinois et la chaleur moite de Bangkok...

L'arrivée a été un peu brutale pour nous ! Après avoir voyagé dans les mêmes conditions que des sardines en boîte, nous sommes arrivés dans une ville pleine de tout ! Couleurs, bruits, odeurs... Une véritable agitation à en donner le tournis et tellement à des km (4602 km pour être précise...) de ce que nous avions vécu durant 3 semaines...

Heureusement, à travers le chaos ambiant, nous avons trouvé un havre de paix, légèrement excentré, où poser nos valises. Notre hôtel, le Fusion Imm, est un savant mélange d'art thaïlandais, indien et maure.

La ville des anges (qui depuis plus de 200 ans s'appelle Krung Thep mahanakhon amon rattanakosin mahintara ayuthaya mahadilok phop noppharat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amon piman awatan sathit sakkathattiya witsanukam prasit, ce qui en fait le nom de lieu le plus long au monde), est un vrai repaire pour des occidentaux plutôt âgés, esseulés et assurément libidineux ! Seuls ou en bande, leur objectif est de s'offrir de l'exotisme à bas coût dans les bras d'une jeune thaïe. De tous nos voyages, nous n'avions jamais autant vu de couples mixtes si mal assortis ! Certes cela se passe entre adultes consentants, mais je ne peux m'empêcher de trouver cela dérangeant, un peu comme une trahison aux relations amoureuses...

Ceci étant, la Thaïlande ce n'est pas seulement de vieux libidineux en goguette, c'est également un pays profondément croyant et très attaché au bouddhisme, qu'ils vénérent de façon un peu bling bling (ce qui contraste une fois de plus avec le sobre Japon).

La statuaire est extrêmement raffinée et c'est un réel plaisir de découvrir dans chaque temple des bouddhas aux expressions si différentes !

Nous nous étions étonnés de trouver certaines statues où la feuille d'or se décollait... Ce que nous ignorions (et que l'excellent John Burdett nous a révélé dans Bangkok tatoo) c'est que les fidèles, pour remercier l'Eveillé, recouvrent de feuilles d'or les différentes statues des wat (temple en thaï). La finesse et le papier doré rend l'ouverture et l'application hasardeuse. Le résultat peut être uniforme, parfois inégal mais il révèle souvent de très beaux effets dont je ne me lasse pas. (Peut-être devrais-je ramener des feuilles d'or pour mes statues...).

Il y a un détail très frappant pour nous, que nous avions déjà perçu lors de nos voyages précédents, notamment en Malaisie l'an dernier... Les lieux de cultes sont de vrais lieux de vie ! Pas de silence pesant, rempli d'une culpabilité enseignée... Pas d'images terrorisantes ou guerrières... Des animaux (souvent des chiens) vivent au sein du wat, les moines prêchent parfois en faisant des blagues ou des jeux d'esprits, les rires sont donc les bienvenus comme les enfants qui jouent et courent sans poser de soucis. La religion au service de la vie ! Sacré concept !!!

C'est également la première fois que nous voyageons à cette période de l'année en Asie. C'est assez fun de voir les grands centres commerciaux placer des pingouins avec écharpes et traineaux alors qu'il fait plus de 30°... Une impression d'être parfois sous substance illicite, tant le décalage est fort et incongru !

Pour nous échapper de la turbulente cité des anges, nous sommes partis dans le Nord-Est du pays, à Chiang Mai. Après avoir pris une heure d'avion, nous avons eu droit à une toute autre ambiance ! Chiang Mai, c'est un peu le paradis du routard qui aime se retrouver avec d'autres voyageurs ! On y trouve tout ce dont a besoin le routard sans qu'il ait besoin de vraiment chercher (une sorte de voyage pré-mâché, un peu comme un itinéraire chez Mickey...) des services de laundry, des guesthouses rivalisant sur le prix extrêmement bas des chambres mais qui peuvent être tout à coup complètes si vous ne prenez pas la sortie « trek » proposée. Des Tourists information à chaque coin de rues, des bars avec beaucoup de bière (c'est un réel cliché, mais les serveurs dans tous les pays d'Asie où nous sommes allés, sont toujours étonnés et déçus que nous ne prenions pas systématiquement de la bière avec notre repas. Tous les blancs boivent de la bière, c'est bien connu !)... Des ventes de sorties diverses et variées, des prestations de massages. Bref, tout ce que vous souhaitez, vous pourrez l'avoir à condition d'y mettre le prix bien entendu !

Nous avons apprécié Chiang Mai, mais cela n'a pas été non plus la ville la plus extraordinaire que nous ayons faite ! Loin de là ! Nous avons cependant eu quelques coups de cœurs pour cette usine à touristes : tout d'abord The House, un restaurant qui est devenue notre cantine, durant notre séjour, une délicieuse cuisine thaï dans une atmosphère toute droit sortie d'un Elle Déco ! Un service impeccable et une mousse au chocolat à tomber ! Bref, si vous passer par là, faites-y un saut, vous ne le regretterez pas ! Nous avons aussi adoré le temple de Doi Suthep, un wat en haut d'une montagne. En plus, c'était un jour férié, il y avait beaucoup de personnes, et la montée de la montagne dans un mini van valait à lui seul son pesant de cacahuètes ! Enfin, nous avons passé une journée entière dans un sanctuaire d'éléphants... Mais cela fera l'objet d'un post très rapidement !

Enjoy !!! ;-)

samedi 4 décembre 2010

Nouvelles fraîches (en hommage au défunt Georges)

Nous ne vous avions pas donné de nouvelles fraîches depuis Hiroshima... et pourtant nous n'avons pas interrompu notre parcours pour autant ! Je vais donc essayer de retracer nos principales impressions de cette période (grosso modo du 22 au 30 novembre)

Après Hiroshima, et après 4 trains successifs, nous sommes arrivés à Nikko, sympathique ville de 90 000 habitants au Nord de Tokyo, ayant notamment pour particularités un patrimoine important (sanctuaires shinto et temples bouddhistes, une fois de plus) et le fait d'être entouré d'un parc national naturel.

Nous avons en réalité assez peu profité de Nikko, à cause du mauvais temps (cela dit, c'est la seule fois du voyage où nous n'avons pas eu de chance à ce niveau-là). Nous avons pu quand même nous promener le mardi le long de la rivière et vers les temples.



Bon, Nikko a surtout été l'occasion pour nous de profiter des bains d'eau de sources chaudes (les onsen), que ce soit à l'hôtel ou aux bains publics.

C'est une tradition japonaise qui s'est perpétuée : les personnes (séparément hommes et femmes, sauf rares exceptions) viennent y passer un peu de temps en alternant bains chauds et espaces détente mixtes (restos, etc.)

Le "rituel" des bains est sur le papier assez simple : il faut d'abord se mettre tout nu, et les personnes portant des tatouages ne sont pas acceptées (à cause des yakusas...). Ensuite, dans le plus simple appareil et sans la moindre gêne, se diriger vers la douche individuelle afin de se laver (on ne rentre pas sale dans un bain public, l'eau étant la même pour tout le monde !). Puis, une fois tout propre, on devient encore plus propre en se baignant dans les différents bassins chauds (en général environ 42°) : intérieur ou extérieur, simple ou à bulles, etc.

En pratique, cela peut être un peu plus compliqué quand vous êtes les seuls occidentaux et que personne ne parle anglais : pour ma part, un homme souhaitait absolument que je fasse les bains dans un ordre et pas un autre ! Mais somme toute, c'est une expérience vraiment sympathique et on se sent très bien après !

Après un nombre digne du guiness des records de bains et de douches, nous avons pris le train pour la dernière étape de notre voyage, Tokyo. Un voyage très sympathique au coeur de la campagne japonaise. Même la gare était agréable, c'est dire...

La gare de Tobu Nikko
Ah Tokyo... Ambiance très différente des autres villes que nous avons faits au Japon. Loin d'avoir le patrimoine d'une ville comme Kyoto, elle n'en est pas moins intéressante... S'il fallait la résumer en trois mots, ce serait pour ma part : bondé, shopping, fun. S'il fallait en ajouter un, ce serait terne, car comme dans le reste du pays la plupart des voitures sont noires, blanches ou grises, les bâtiments sont gris etc. Mais le côté terne étant contrebalancé par les modes des jeunes (décolorés pour la plupart, y compris les hommes, et avec des modes vestimentaires très diverses), ça se débat...

La mégalopole Tokyo/Yokohama, c'est 35 millions d'habitants. Vu de haut et de nuit c'est impressionnant et ça a du charme : du béton et des buildings à perte de vue. Vu du fleuve de jour, c'est plutôt moche : le gros de l'architecture date d'une période qui n'est pas la plus glorieuse.

Toujours est-il, Tokyo est bondé. Le week-end, cela atteint son paroxysme, comme nous avons pu le constater à nos dépens le samedi soir à Shibuya :


Et cela ne se calme pas souvent, pas même le dimanche après-midi, où le shopping semble, comme la veille et les soirs de semaines, être le gros passe-temps des Japonais qui en ont les moyens. En effet, nous avons un peu sillonné la ville et visité différents quartiers.

Ceux-ci ont bien sûr leur propre identité, que ce soit dans la typologie des magasins (grandes enseignes luxe, grands magasins fourre-touts, petits bouibouis), dans le contenu (vêtements, gadgets électroniques, mangas, etc.), dans le style (les différents modes au Japon). Mais au final, tout y est finalement question de shopping...

Ginza la nuit

L'autre moyen de dépenser son argent à Tokyo est le fun. Et là, on a pu voir un peu de tout. Tout d'abord des salles de jeux, que ce soit du patchinko (sorte de flipper), des jeux avec les pinces pour obtenir des cadeaux, des bornes d'arcade, etc. Généralement extrêmement bruyantes, mais incroyables à voir : entre l'homme d'affaires qui y va le soir pour tenter de gagner un nounours pour son fils (ou pour lui, qui sait ?), et la "ménagère" qui joue pièce de 100 yen (~1€) sur pièce de 100 yen pour gagner un paquet de pâtes, on voit vraiment de tout...




Nous avons pu voir également toutes sortes de "spectacles" dans les lieux publics, le meilleur étant sans conteste le show des rockers type sixties dans le Yoyogi park, avec blousons cuir et coiffures banane, dont le sosie japonais de Guy Marchand




On trouve également des boutiques vendant des articles très loufoques, comme ce magasin de préservatifs divers et variés


En autres curiosités également, on a pu visiter un zoo domestique (si si). Toujours dans la verve de l'intérêt des Japonais pour les animaux domestiques, ceux qui n'en ont pas peuvent venir caresser des chats dans ce petit Cat Paradise.



Et enfin, le plus amusant sans doute aura été les parcs d'attractions dans les centres commerciaux. Le Joyland de Sega fut amusant, mais le plus dingue aura été le parc d'attraction sur... la bouffe ! On a passé un peu de temps dans la Dessert City et le Kingdom of Ice Creams, mais on a pas compris grand chose...





Bref, après ces quelques journées fun mais un peu épuisantes, retour à l'avion, où lors du trajet Tokyo/Bangkok (avec transit à Pékin), nous avons balayé en une journée, en plus des capitales des trois pays que nous visitons lors de ce voyage, trois saisons.

En effet, après l'automne japonais, l'hiver chinois, suivi des températures estivales thaïlandaises. Après ce vol qui fut sans doute le plus désagréable que nous avons pu faire (la Sardine dont vous êtes le héros), nous sommes finalement arrivés -sans encombres- jusqu'à notre dernière destination : la Thaïlande ! La suite au prochain épisode...

mardi 30 novembre 2010

Les bonnes idées du Japon

Il y a quelques petites choses au Japon dont on profite quotidiennement, et dont on ne se lasse pas... Pour la plupart, on se demande d'ailleurs pourquoi elles ne s'exportent pas...
Jugez plutôt !


  • Les WC du futur

Avec multiples fonctionnalités : lunette chauffante (avec réglage de température), robinet sur le réservoir de la chasse avec réutilisation d'eau (gain de place + économies d'eau), lave-fesses là aussi réglable...




  • Les défilés de mini-animaux
Il n'est pas rare de croiser des animaux habillés de jupes, t-shirts ou chemises, parfois même assortis à leur propriétaire. Généralement, ce sont de petits chiens mais il peut arriver aussi de voir de gros chiens, ou même des chèvres...






  • Les distributeurs de tout et n'importe quoi

Il y en a partout et distribuent un peu de tout : cafés en canettes, glaces, cigarettes, nouilles déshydratées, bière, etc. Très pratique et plutôt économique.



  • La cuisine dans les supermarchés

Nous nous sommes demandés les premières fois pourquoi les sushis (et consorts) achetés au supermarché à côté de chez nous à Kyoto étaient bons. Très simple : en fin de matinée, dans le supermarché, un cuistot découpe le poisson frais et prépare les sushis, un autre employé les emballe... Donc tout est frais du jour.


  • Les faux plats à l'entrée des restaurants
Devant la plupart des restaurants se trouvent des imitations de leurs plats, généralement très réussies et ressemblant comme deux gouttes d'eau à de vrais plats. Très bien pour "visualiser" ce que sert le restaurant (pratique pour un touriste) et booste l'appétit...





  • Les pistes cyclables mutualisées avec les trottoirs piétons

Piétons et vélos circulent donc sur la même voie (c'est surtout à Kyoto que nous avons vu ça). Un peu pénible pour les piétons lorsque c'est étroit mais cela a permis de développer massivement l'utilisation du vélo.


  • Et le plus étonnant pour la fin : les trains à l'heure.
Nous avons dû prendre une vingtaine de trains, et le plus gros retard que nous avons constaté (que ce soit au départ ou à l'arrivée) a été d'une minute, et cela que se soit sur des compagnies privées ou issues de l'ancienne compagnie publique JR (le système ferroviaire est privatisé au Japon).

Résultat : j'ai l'air ridicule quand je demande au monsieur du guichet si 10 minutes ça ne fait pas trop court pour une correspondance. Il n'a toujours pas compris pourquoi cette question... Tout est tellement réglé, que seules 3 minutes sont souvent suffisantes pour faire une correspondance, si la gare n'est pas trop grande ! ;-)


Le dernier point très appréciable au quotidien au Japon, mais qui n'est pas tant une bonne idée que quelque chose de profond dans la société, c'est le sens du service et le respect de l'autre. Ainsi, dans les commerces, les personnes multiplient les formules de politesse et les sourires, et veillent toujours à ce que tout se passe bien. Et il règne une atmosphère de sécurité que nous n'avons vu nul part ailleurs : on ne sent jamais agressé ni arnaqué, on ne voit jamais d'accrochages entre les gens et personne ne craint le vol, même dans une ville aussi gigantesque que Tokyo. J'ai même perdu mon mobile dans un onsen (bain chaud public) et quelqu'un l'a ramené à l'accueil...

mercredi 24 novembre 2010

Hiroshima

Hiroshima. Un nom qui évoque l'une des pires horreurs de la Seconde Guerre, qui sonne plus comme un pélerinage triste, et pourtant ce fut une étape que nous avons tous les deux beaucoup apprécié.

Nous avons consacré la première journée aux nombreux témoignages de la bombe A qui ont été créés après la Guerre : les bâtiments ayant survécu au drame, le musée du mémorial, les divers monuments commémoratifs. 

Le Dôme, proche de l'épicentre mais toujours debout

Le musée est très intéressant, et riche. Il traite à la fois de l'avant, du pendant et de l'après : contexte historique (guerres depuis le 19ème, conception de la bombe A, choix du Japon et d'Hiroshima), organisation de l'opération et horreur du jour J, conséquences a posteriori pour les personnes irradiées, reconstruction de la ville et nouvelles armes atomiques (plus de 1000 fois plus puissantes que celle larguée sur Hiroshima).

Le musée est très bien documenté, les notes de réunion (les "minutes") américaines lors de la préparation de la bombe font froid dans le dos par la proximité avec nos méthodes de travail actuelles (il ne manque que powerpoint), et honnête : il reconnait largement la part de responsabilité du Japon dans l'escalade meutrière ainsi que les massacres perpétrés notamment en Chine dans les années 30 (notamment ceux de Nankin, qui ont longtemps été tabous au Japon).

Il est également intéressant de constater que le Japon a été choisi par rapport à l'Allemagne bien avant 45, principalement car l'Allemagne était plus avancée dans ses recherches dans le nucléaire, et aurait pu être capable d'exploiter les restes de la bombe.

Mais au-delà de cet instant émouvant (il règne une ambiance très solennelle dans le musée), Hiroshima dégage finalement quelque chose de très positif que nous avons pu découvrir le deuxième jour. Tout d'abord, la ville s'est très bien reconstruite : en seulement 10 ans, elle était métamorphosée. Et aujourd'hui, malgré un patrimoine relativement restreint, c'est une belle ville, avec un centre agréable et de beaux parcs (notamment le Shukkei-En, reproduction miniature du lac de l'Ouest, que nous avons vu un mois plus tôt à Hangzhou). 

Shukkei-En (1)

Shukkei-En (2)

Les habitants d'Hiroshima débordent de vie et le samedi soir était partiulièrement animé. Ils se veulent également porteurs d'un message pacifiste, et multiplient les initiatives en s'appuyant sur l'expérience tragique de leur ville. Ainsi, des habitants ont appris l'anglais et sont devenus guides bénévoles pour les touristes (un remerciement spécial à Akemi Kitagawa, qui nous a guidés), de très nombreux enfants viennent visiter la ville (apparemment dans le cadre des cours de Paix, obligatoire désormais dans les programmes scolaires), les maires sont à l'origine d'un mouvement visant à la dénucléarisation et écrivent des lettres à chaque essai nucléaire (beaucoup plus fréquent que nous les croyions !).

Le défilé des écoliers

L'esprit Peace & Love

Idem

La grue, symbole de paix (cf. Sadako Sasaki)

Puis nous avons consacré le troisième jour à Miyajima, qui se situe à proximité. Une île magnifique, avec de nombreux temples (et notamment le Daisho-In que nous avons adorés), et, une fois encore, des daims:

La vie de daim, toujours peinard

Le Torii flottant, symbole de l'île




Et en prime, une superbe vue du sommet, qui comme tout sommet... se mérite. De plus, l'honneur est sauf, car cette fois nous y sommes arrivés à pied, tous les deux : Virginie a gravi avec brio le sommet et le tout sans même avoir de courbatures le lendemain ! A croire que le fait de marcher tous les jours et de manger japonais (plus sain que la nourriture chinoise) nous a remis en forme !