Hiroshima. Un nom qui évoque l'une des pires horreurs de la Seconde Guerre, qui sonne plus comme un pélerinage triste, et pourtant ce fut une étape que nous avons tous les deux beaucoup apprécié.
Nous avons consacré la première journée aux nombreux témoignages de la bombe A qui ont été créés après la Guerre : les bâtiments ayant survécu au drame, le musée du mémorial, les divers monuments commémoratifs.
| Le Dôme, proche de l'épicentre mais toujours debout |
Le musée est très intéressant, et riche. Il traite à la fois de l'avant, du pendant et de l'après : contexte historique (guerres depuis le 19ème, conception de la bombe A, choix du Japon et d'Hiroshima), organisation de l'opération et horreur du jour J, conséquences a posteriori pour les personnes irradiées, reconstruction de la ville et nouvelles armes atomiques (plus de 1000 fois plus puissantes que celle larguée sur Hiroshima).
Le musée est très bien documenté, les notes de réunion (les "minutes") américaines lors de la préparation de la bombe font froid dans le dos par la proximité avec nos méthodes de travail actuelles (il ne manque que powerpoint), et honnête : il reconnait largement la part de responsabilité du Japon dans l'escalade meutrière ainsi que les massacres perpétrés notamment en Chine dans les années 30 (notamment ceux de Nankin, qui ont longtemps été tabous au Japon).
Il est également intéressant de constater que le Japon a été choisi par rapport à l'Allemagne bien avant 45, principalement car l'Allemagne était plus avancée dans ses recherches dans le nucléaire, et aurait pu être capable d'exploiter les restes de la bombe.
Mais au-delà de cet instant émouvant (il règne une ambiance très solennelle dans le musée), Hiroshima dégage finalement quelque chose de très positif que nous avons pu découvrir le deuxième jour. Tout d'abord, la ville s'est très bien reconstruite : en seulement 10 ans, elle était métamorphosée. Et aujourd'hui, malgré un patrimoine relativement restreint, c'est une belle ville, avec un centre agréable et de beaux parcs (notamment le Shukkei-En, reproduction miniature du lac de l'Ouest, que nous avons vu un mois plus tôt à Hangzhou).
| Shukkei-En (1) |
| Shukkei-En (2) |
Les habitants d'Hiroshima débordent de vie et le samedi soir était partiulièrement animé. Ils se veulent également porteurs d'un message pacifiste, et multiplient les initiatives en s'appuyant sur l'expérience tragique de leur ville. Ainsi, des habitants ont appris l'anglais et sont devenus guides bénévoles pour les touristes (un remerciement spécial à Akemi Kitagawa, qui nous a guidés), de très nombreux enfants viennent visiter la ville (apparemment dans le cadre des cours de Paix, obligatoire désormais dans les programmes scolaires), les maires sont à l'origine d'un mouvement visant à la dénucléarisation et écrivent des lettres à chaque essai nucléaire (beaucoup plus fréquent que nous les croyions !).
| Le défilé des écoliers |
| L'esprit Peace & Love |
| Idem |
| La grue, symbole de paix (cf. Sadako Sasaki) |
Puis nous avons consacré le troisième jour à Miyajima, qui se situe à proximité. Une île magnifique, avec de nombreux temples (et notamment le Daisho-In que nous avons adorés), et, une fois encore, des daims:
| La vie de daim, toujours peinard |
| Le Torii flottant, symbole de l'île |
Et en prime, une superbe vue du sommet, qui comme tout sommet... se mérite. De plus, l'honneur est sauf, car cette fois nous y sommes arrivés à pied, tous les deux : Virginie a gravi avec brio le sommet et le tout sans même avoir de courbatures le lendemain ! A croire que le fait de marcher tous les jours et de manger japonais (plus sain que la nourriture chinoise) nous a remis en forme !
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