PS : et maintenant, nous sommes à Kyoto !
mercredi 10 novembre 2010
Bilan de trois semaines en Chine
PS : et maintenant, nous sommes à Kyoto !
lundi 8 novembre 2010
Tai Shan m'a tuer ! bis...
Tai Shan m'a tuer !
La référence un peu douteuse de ce post, ne rend absolument pas hommage au magnifique séjour que nous avons passé dans la commune de Tai'an. Le but de ces 3 jours passés là-bas était de gravir l'une des 5 montagnes sacrées de Chine. La plus sacrée, en fait. Nous on est comme ça, on ne veut que le meilleur ! ;-)
Les chinois adorent les vieux récits et les noms long aux consonances poétiques et le mont Tai répond parfaitement à ces intérêts. Le pic de l'empereur de Jade, qui culmine à plus de 1545 m, accueille depuis plus de 3000 ans les nombreux pèlerins avides de renouveau et de longévité. Nous y reviendrons, mais si vous voulez en savoir plus sur cette vénérable montagne, vous pouvez faire un tour chez notre ami wiki sur ce lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tai_Shan .
Nous avons donc déposé nos bagages à la gare ferroviaire, que JC dans un mandarin parfait avait indiqué au taxi, puis direction le pied de la montagne. C'est haut 1545 m, surtout quand on part à seulement 150 m... Mais bien heureusement pour moi, on ne voit pas la montée d'en bas. Le site est plongée dans une forêt de conifères et c'est accompagnés de chants d'oiseaux et de coqs (hé oui, nous en croiserons des très gras tout au long de la première partie de notre ascension) que nous commencerons la montée. Tout est progressif, heureusement et je ne vais pas vous faire l'énumération des milliers de marches que nous avons gravis, mais arrivé à la porte céleste du milieu, clairement je souffre et je crache mes poumons. Et encore, je ne fume pas. Tout au long de cette montée, nous avons croisé des temples, des vendeurs, des monteurs qui posent pour des photos, des chiens et des coqs... Dilemme à mi-chemin. Prendre le téléphérique ou pas. Nous en étions déjà à plus de 2h45 de montée de marche et les jambes commençaient à peser 3 tonnes. Après un déjeuner de la plus haute qualité (des nouilles déshydratées au gras de boeuf) nous reprenons la montée et au bout de seulement une volée de marches, je m'avoue vaincue. C'est un peu honteuse que j'abandonne JC, le délestant au passage d'une bonne partie de ses affaires et je me dirige vers le téléphérique. La vue d'en haut est magnifique et en remontant le pic, je vois les jeunes chinois qui nous avaient dépassé en courant plus tôt dans la matinée, monter à quatre pattes les dernières marches. Punaise ! Et Jc va faire ça ? Y a pas de de doute, mon homme est un héros !
Je peine un peu à trouver l'hôtel, les sinogrammes ayant changé entre temps et c'est à peine posée, que je reçois un sms m'annonçant que la montée se passe bien et qu'il sera bientôt là. JC, n'aura mis qu'1h25 pour faire la deuxième partie. J'en suis toujours impressionnée...
Après un repos bien mérité, nous ressortons de l'hôtel pour assister au coucher de soleil sur le massif montagneux et à part le mot majestueux, rien ne nous vient en tête. Nous avions décidé de passer une nuit au sommet pour assister au lever du soleil, mais le coucher était un vrai spectacle en soi... On dîne, et nous rentrons de nouveau dans notre hôtel... Il est 18h45. Et oui, notre rythme en Chine avoisine le même que celui des poules...
Le réveil à 5h15 se passe comme une lettre à la poste, et c'est couverts comme st Georges avec une grosse parka militaire sur le dos, que nous nous rendons sur une falaise, pour attendre le lever du soleil. Une fois encore c'est magnifique, si on oublie tous les chinois qui comme nous, ont passé la nuit sur le site, il y a comme une atmosphère de bout du monde.
La descente est douloureuse, nos jambes tremblent et nos muscles sont contractés, mais cela valait le coup. Nous avons eu le temps de déjeuner longuement avant de prendre notre train pour Pékin.
Le résultat de cette expédition : des souvenirs plein la tête, des milliers de marches montées et pire redescendues, des courbatures comme jamais nous n'en avons eu ! Selon une légende Confucianiste, si on monte en haut du Tai Shan, on s'assure de vivre jusqu'à 100 ans... Je veux bien, mais entre temps, j'aimerai bien récupérer l'usage normal de mes jambes, parce que depuis 3 jours, monter sur un simple trottoir chinois m'arrache une grimace de douleur... Du coup, pas de muraille de Chine sur ce voyage. La prochaine fois.
Le Tai Shan m'a tuer ! Mais cela valait le coup !
Enjoy ! :0)
mercredi 3 novembre 2010
Un voyage un peu mouvementé
Mais la Chine cela reste l'aventure et nous n'étions pas au bout de nos peines pour rallier Tai'an à environ 100 km de l'aéroport, 100 km qui furent longs, comme décrits
ci-après... Au final, il nous a fallu pas moins de 7 heures de trajet (dont seulement 1H30 de vol). Peut-être aurions-nous dû prendre le train, puisque le trajet de gare à gare durait 7H également, et cela
était plus économique et écologique...
Depuis l'aéroport donc, la solution de bus pour rallier notre destination Tai'An n'est pas terrible : 2H d'attente, 1H30 minimum de route, après lequel nous aurions dû prendre un taxi : coût total : ~150Y. Donc nous nous résignons à regarder si opter pour le taxi vaut le coup.
Pour une fois, c'est nous qui demandons à négocier le prix de la course plutôt qu'à utiliser le compteur. L'objectif premier n'étant pas d'avoir un meilleur prix au dépens de l'Etat chinois (car la course n'est probablement pas déclarée par le taxi si le compteur n'est pas utilisé) mais de s'assurer à l'avance du tarif pour une course aussi longue (cela réserve parfois des surprises).
Après une rapide négociation (chose très agréable en Chine, on peut qualifier de longue une négociation au bout de trente secondes), nous tombons d'accord sur le prix de 280Y.
Et là commence une petite aventure, qui nous a permis de découvrir la face cachée du business des taxis. Simple et pragmatique : il y a le rabatteur (qui trouve le client et négocie le tarif), et puis le ou les taxis qui réalisent la course. Le client paie au dernier taxi, qui a "acheté" le client au rabatteur ou au taxi précédent, qui lui-même peut avoir "acheté" le client, etc.
Mais revenons à nos moutons. Le rabatteur sur lequel nous tombons nous emmène dans sa Volkswagen (personnelle) pour sortir de l'aéroport et nous arrête devant le péage de l'autoroute. Argh ! Mais que se
passe-t-il ? Il commence alors une série d'appels pour "nous vendre" (bien sûr tout cela, on le comprend a posteriori, notre compréhension du dialecte chinois local au Shandong étant assez limitée). Vingt minutes plus tard, un taxi (un vrai !) nous prend et le trajet commence. Une fois arrivé à Jinan (un tiers du chemin environ – et probablement la ville où il habitait) on le sent hésitant sur la route à suivre (chose plutôt bizarre, car même nous, malgré les panneaux routiers où il n'y a quasiment que des sinogrammes, nous arrivions à trouver). Bon, peut-être cherchait-il des raccourcis...
Et tout à coup, il s'arrête au bord de la route, là où il y a quelques taxis. Une fois encore, rapide négociation entre taxis et notre chauffeur nous fait signe de sortir... Nous changeons à nouveau de véicule, qui lui nous emmène jusqu'à destination. On paie donc le dernier taxi 280Y. Celui-ci nous avait racheté au taxi précédent 180Y, qui lui-même nous avait acheté au rabatteur 80Y (oui, on pouvait voir les billets qu'ils se donnaient !). Ce dernier chauffeur, non sans mal, nous mènera jusqu'à destination, après avoir demandé 6 fois son
chemin à des locaux !
Faisons donc le bilan de qui gagne quoi et avec quel effort. Le dernier taxi, sur les 100Y qu'il a encaissés, a dû travailler environ 1H40 pour les avoir (1H aller, avec le temps de trouver, et probablement 40 minutes retour – je ne pense pas qu'il ait réussi à faire une course à Tai'An, il ne connaissait pas la ville), et doit
avoir environ 4L de frais d'essence (25Y) + les frais liés à l'automobile, mettons 25Y aussi. Le premier taxi, lui, a dû travailler aussi à peu près 1H40 (en comptant le temps pour venir nous prendre et
pour trouver le second taxi), avec des frais similaires.
Le rabatteur, quant à lui, a touché 80Y pour à peu près 30 minutes de travail, sur lequel son seul frais, outre le demi-litre d'essence consommé pour nous sortir de l'aéroport doit être de graisser un peu la patte au responsable des taxis de l'aéroport, mettons 20Y.
Conclusion de cette expérience, sans surprise : dans un marché libre, il est beaucoup plus rentable d'être distributeur que producteur, surtout si c'est en bout de chaine et face à un client mal informé sur la valeur d'un service, valeur qui est de plus relativement importante (au vu du coût de la vie dans la région, 280 yuans c'est une belle somme).
En effet, d'après ces estimations, le taux horaire de notre rabatteur est quatre fois supérieur à celui des taxis !
Et seconde conclusion : toujours bien réfléchir au temps global que cela prend avant de choisir l'avion, qui parait le plus rapide !
mardi 2 novembre 2010
10 % de croissance par an cela donne quoi ?
On entend souvent à la tv parler de croissance. Dans notre beau pays, la croissance actuelle est assez basse, le niveau de vie étant déjà assez haut, tout un chacun pouvant acheter de l'électroménager, de l'électronique, partir en voyage... Mais concrètement, un étranger venu il y a 5 ans ne verrait pas la différence avec la France de 2010 (à part peut-être une augmentation croissante de personnes déçues par Sarkozy, mais là n'est pas le propos...). La Chine affiche chaque année, une croissance insolente de 10 %. Et là, tout à coup, on voit concrètement en quoi cela réside.
Venue en 2005 à Shanghai lors de mon premier voyage, j'avais été émerveillée par cette ville rapide, séduisante, bruyante et un peu surpeuplée. Pourtant, j'y retrouvais tous les clichés, qu'en tant qu'occidentale, je m'attendais à voir... Petits métiers à profusion sur les trottoirs sales de cette ville (cireurs de chaussures, vendeurs de journaux posés sur des cartons, coiffeurs de rues...), ville bruyante et sale, vélos à perte de vue... Le soir en prenant ma douche, l'eau qui s'écoulait dans la baignoire de la chambre d'hôtel était assez grise ( mais moins qu'à Pékin, j'attends avec impatience de voir comment cette ville est devenue 5 ans après...) de toute la pollution cumulée sur les pores de ma peau.
Quelle surprise, 5 ans après de redécouvrir cette ville et de voir que plus grand chose ne ressemble à ce que j'avais observé. Les vélos ? Quasiment disparus. Sans exagération, je pense que l'on en voit presque plus à Paris depuis la mise en route des vélibs. Les vélos ont été remplacés par des scooters électriques (les véhicules électriques sont extrêmement nombreux à Shanghai), et les transports en commun ont fait un sacré bond en avant ! Notre Lonely Planet qui date de 2007, n'indiquait que 5 lignes de métro et une en construction. Aujourd'hui il y en a 11 et les premières ont été prolongées et il existe une ligne qui va à l'aéroport qui va à plus de 400 km/h ! Et les bus (électrique... eh oui !!!) ont été aussi démultipliés.
Les restaurants un peu boui boui à la chinoise autour du Bund ont été remplacés par les grandes marques de luxe. D'ailleurs, c'est impressionnant de voir le nombre de boutiques de luxes qu'il y a dans Shanghai. Et ce ne sont pas des occidentaux qui rentrent dedans...
La circulation a également considérablement baissée. A quoi est-ce dû ? Le développement des transports en commun, surement. Mais je ne pense pas que cela soit la seule chose. Nous sommes dans une ville qui fait deux fois la population de la Tunisie (19 millions d'habitant déclarés, car il y a des centaines de milliers de personnes qui n'apparaissent dans aucun registre, résultat de la politique de l'enfant unique.) et la circulation est fluide. Le plan d'urbanisme a été repensé en intégrant l'augmentation du parc automobile de la ville.
C'est d'une propreté époustouflante ! Plus de poussière, les routes, même celles dans les quartiers populaires sont fraichement goudronnées... Seuls les crachats (beurk !!!) des chinois, petits et grands, hommes et femmes, constellent les trottoirs d'auréoles peu ragoutantes ! Si ma grand-mère était ici, elle serait outrée par ce manque de savoir vivre (et je ne vous parle même pas de leur façon de manger...).
Le tourisme s'est également considérablement développé, et je suis heureuse d'avoir pu profité un peu mieux il y a 5 ans, d'une visite au calme du jardin du mandarin Yu. Aujourd'hui la Chine ne semble plus être prisée que par les français. Les Allemands, les Belges, les Espagnols débarquent par bus entier et tombent sous le charme exotique de cette ancienne ville coloniale...Enfin, l'augmentation du pouvoir d'achat et la démocratisation des appareils photos numériques nous donne chaque jour des fous rires et des grands moments d'exaspération... Chaque chinoise voulant être immortalisée devant à peu près tout. Mais nous y reviendrons à la fin de ce voyage chinois pour un post plus important... ;-) C'est un vrai sport national qui mérite un développement complet...
Bref, le niveau de vie a considérablement augmenté et 5 ans plus tard, cela se voit à vue d'œil. On ne voit presque plus d'enfants de moins de 2 ans, ayant les fesses à l'air grâce à une fente dans leur pantalon. Il y en a encore, mais c'est beaucoup plus rare.
Je me demande, comment les Shanghaiens perçoivent les changements dans leur qualité de vie. Les premiers buildings imposants sur le Bund sont apparus dans les années 90, et depuis la ville a complètement changée de physionomie. On en oublie presque parfois que nous sommes en Chine... Mais il y a toujours un bruit de gorge, venant très profondément, suivi d'un jet épais qui nous rappelle que c'est aussi ça la Chine !
Enjoy ! :0)
Shanghai...
Nous venons de passer 6 jours à Shanghai qui nous ont permis de bien sillonner cette belle ville, surprenante et où tout va très très vite.
Dès l'arrivée dans la ville (le soir), nous sommes allés sur le Bund, une très belle avenue piétonne au bord de la rivière Huangpu qui traverse la ville. Sur une rive trône fiérement le quartier d'affaires de Pudong, avec ses gratte-ciels futuristes. De l'autre côté, sur le Bund, c'est une autre ambiance avec des bâtiments datant pour la plupart de la seconde moitié du 19ème, époque où une partie de Shanghai était concédée aux puissances européennes, suite à la défaite de la Chine lors de la guerre de l'Opium (la "semi-colonisation"). Le quartier est vraiment magique de nuit, conjuguant un beau patrimoine hétérogène, très bien mis en valeur.
Shanghai est en effet un mélange de différentes époques, qui lui donne ce charme si particulier : on y retrouve celle des dynasties chinoises, avec, par exemple, le jardin du MandarinYu. Le charme colonial est conservé avec les concessions européennes, dont les bâtiments ont été restaurés ou réadaptés, comme le superbe Xintiandi (une sorte de Petite Europe chinoise au sein de l'ex-Concession Française). Et puis il y a le réveil du dragon et son gigantesque bond économique consécutif aux réformes de 1979 de Deng Xiaoping qui a fait émerger les impressionnants buildings que l'on observe aujourd'hui.
Les changements liés au développement économique de ces dernières décennies sont impressionnnants : tout bouge très vite (le fait que Virginie soit venue il y a cinq ans nous a permis de comparer). Contrairement à ce à quoi nous nous attendions, ce développement économique ne semble pas s'être fait à Shanghai au détriment de la qualité de vie. En effet, le trafic dans le centre et la pollution ne sont pas trop pesants pour une ville de 19 millions d'habitants (les infrastructures de transports en commun mises en place ces dernières années doivent y être pour quelque chose), l'espérance de vie a dépassé les 80 ans, il y a de beaux quartiers piétons et parcs, les petits commerces sont nombreux... En fait, dans de nombreux quartiers, absolument rien ne peut faire penser que l'on est dans un pays généralement qualifié d'émergent.
Même si en se promenant un peu, on s'aperçoit très rapidement que Shanghai est une ville à deux vitesses. Lorsque l'on se promène dans la vieille ville ou dans les rues proches des grands axes, on trouve des quartiers plus populaires, organisées pour beaucoup en villages, où le niveau de vie est nettement moins élevé. Mais également en net progrès par rapport aux hutongs qu'il y avait précédemment... Et malgré le fait que l'on ait un peu sillonné et notamment fait Hangzhou / Shanghai en train (ce qui permet de voir à quoi ressemblent les quartier de banlieue lointaine, avec de gigantesques programmes immobiliers où tous les bâtiments sont identiques sur des kilomètres), nous constatons avec satisfaction qu'il n'y a pas la moindre trace de "vraie" pauvreté. Laquelle était omniprésente en Inde, même dans le moteur économique qu'est Bombay...