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samedi 4 décembre 2010

Nouvelles fraîches (en hommage au défunt Georges)

Nous ne vous avions pas donné de nouvelles fraîches depuis Hiroshima... et pourtant nous n'avons pas interrompu notre parcours pour autant ! Je vais donc essayer de retracer nos principales impressions de cette période (grosso modo du 22 au 30 novembre)

Après Hiroshima, et après 4 trains successifs, nous sommes arrivés à Nikko, sympathique ville de 90 000 habitants au Nord de Tokyo, ayant notamment pour particularités un patrimoine important (sanctuaires shinto et temples bouddhistes, une fois de plus) et le fait d'être entouré d'un parc national naturel.

Nous avons en réalité assez peu profité de Nikko, à cause du mauvais temps (cela dit, c'est la seule fois du voyage où nous n'avons pas eu de chance à ce niveau-là). Nous avons pu quand même nous promener le mardi le long de la rivière et vers les temples.



Bon, Nikko a surtout été l'occasion pour nous de profiter des bains d'eau de sources chaudes (les onsen), que ce soit à l'hôtel ou aux bains publics.

C'est une tradition japonaise qui s'est perpétuée : les personnes (séparément hommes et femmes, sauf rares exceptions) viennent y passer un peu de temps en alternant bains chauds et espaces détente mixtes (restos, etc.)

Le "rituel" des bains est sur le papier assez simple : il faut d'abord se mettre tout nu, et les personnes portant des tatouages ne sont pas acceptées (à cause des yakusas...). Ensuite, dans le plus simple appareil et sans la moindre gêne, se diriger vers la douche individuelle afin de se laver (on ne rentre pas sale dans un bain public, l'eau étant la même pour tout le monde !). Puis, une fois tout propre, on devient encore plus propre en se baignant dans les différents bassins chauds (en général environ 42°) : intérieur ou extérieur, simple ou à bulles, etc.

En pratique, cela peut être un peu plus compliqué quand vous êtes les seuls occidentaux et que personne ne parle anglais : pour ma part, un homme souhaitait absolument que je fasse les bains dans un ordre et pas un autre ! Mais somme toute, c'est une expérience vraiment sympathique et on se sent très bien après !

Après un nombre digne du guiness des records de bains et de douches, nous avons pris le train pour la dernière étape de notre voyage, Tokyo. Un voyage très sympathique au coeur de la campagne japonaise. Même la gare était agréable, c'est dire...

La gare de Tobu Nikko
Ah Tokyo... Ambiance très différente des autres villes que nous avons faits au Japon. Loin d'avoir le patrimoine d'une ville comme Kyoto, elle n'en est pas moins intéressante... S'il fallait la résumer en trois mots, ce serait pour ma part : bondé, shopping, fun. S'il fallait en ajouter un, ce serait terne, car comme dans le reste du pays la plupart des voitures sont noires, blanches ou grises, les bâtiments sont gris etc. Mais le côté terne étant contrebalancé par les modes des jeunes (décolorés pour la plupart, y compris les hommes, et avec des modes vestimentaires très diverses), ça se débat...

La mégalopole Tokyo/Yokohama, c'est 35 millions d'habitants. Vu de haut et de nuit c'est impressionnant et ça a du charme : du béton et des buildings à perte de vue. Vu du fleuve de jour, c'est plutôt moche : le gros de l'architecture date d'une période qui n'est pas la plus glorieuse.

Toujours est-il, Tokyo est bondé. Le week-end, cela atteint son paroxysme, comme nous avons pu le constater à nos dépens le samedi soir à Shibuya :


Et cela ne se calme pas souvent, pas même le dimanche après-midi, où le shopping semble, comme la veille et les soirs de semaines, être le gros passe-temps des Japonais qui en ont les moyens. En effet, nous avons un peu sillonné la ville et visité différents quartiers.

Ceux-ci ont bien sûr leur propre identité, que ce soit dans la typologie des magasins (grandes enseignes luxe, grands magasins fourre-touts, petits bouibouis), dans le contenu (vêtements, gadgets électroniques, mangas, etc.), dans le style (les différents modes au Japon). Mais au final, tout y est finalement question de shopping...

Ginza la nuit

L'autre moyen de dépenser son argent à Tokyo est le fun. Et là, on a pu voir un peu de tout. Tout d'abord des salles de jeux, que ce soit du patchinko (sorte de flipper), des jeux avec les pinces pour obtenir des cadeaux, des bornes d'arcade, etc. Généralement extrêmement bruyantes, mais incroyables à voir : entre l'homme d'affaires qui y va le soir pour tenter de gagner un nounours pour son fils (ou pour lui, qui sait ?), et la "ménagère" qui joue pièce de 100 yen (~1€) sur pièce de 100 yen pour gagner un paquet de pâtes, on voit vraiment de tout...




Nous avons pu voir également toutes sortes de "spectacles" dans les lieux publics, le meilleur étant sans conteste le show des rockers type sixties dans le Yoyogi park, avec blousons cuir et coiffures banane, dont le sosie japonais de Guy Marchand




On trouve également des boutiques vendant des articles très loufoques, comme ce magasin de préservatifs divers et variés


En autres curiosités également, on a pu visiter un zoo domestique (si si). Toujours dans la verve de l'intérêt des Japonais pour les animaux domestiques, ceux qui n'en ont pas peuvent venir caresser des chats dans ce petit Cat Paradise.



Et enfin, le plus amusant sans doute aura été les parcs d'attractions dans les centres commerciaux. Le Joyland de Sega fut amusant, mais le plus dingue aura été le parc d'attraction sur... la bouffe ! On a passé un peu de temps dans la Dessert City et le Kingdom of Ice Creams, mais on a pas compris grand chose...





Bref, après ces quelques journées fun mais un peu épuisantes, retour à l'avion, où lors du trajet Tokyo/Bangkok (avec transit à Pékin), nous avons balayé en une journée, en plus des capitales des trois pays que nous visitons lors de ce voyage, trois saisons.

En effet, après l'automne japonais, l'hiver chinois, suivi des températures estivales thaïlandaises. Après ce vol qui fut sans doute le plus désagréable que nous avons pu faire (la Sardine dont vous êtes le héros), nous sommes finalement arrivés -sans encombres- jusqu'à notre dernière destination : la Thaïlande ! La suite au prochain épisode...

mardi 30 novembre 2010

Les bonnes idées du Japon

Il y a quelques petites choses au Japon dont on profite quotidiennement, et dont on ne se lasse pas... Pour la plupart, on se demande d'ailleurs pourquoi elles ne s'exportent pas...
Jugez plutôt !


  • Les WC du futur

Avec multiples fonctionnalités : lunette chauffante (avec réglage de température), robinet sur le réservoir de la chasse avec réutilisation d'eau (gain de place + économies d'eau), lave-fesses là aussi réglable...




  • Les défilés de mini-animaux
Il n'est pas rare de croiser des animaux habillés de jupes, t-shirts ou chemises, parfois même assortis à leur propriétaire. Généralement, ce sont de petits chiens mais il peut arriver aussi de voir de gros chiens, ou même des chèvres...






  • Les distributeurs de tout et n'importe quoi

Il y en a partout et distribuent un peu de tout : cafés en canettes, glaces, cigarettes, nouilles déshydratées, bière, etc. Très pratique et plutôt économique.



  • La cuisine dans les supermarchés

Nous nous sommes demandés les premières fois pourquoi les sushis (et consorts) achetés au supermarché à côté de chez nous à Kyoto étaient bons. Très simple : en fin de matinée, dans le supermarché, un cuistot découpe le poisson frais et prépare les sushis, un autre employé les emballe... Donc tout est frais du jour.


  • Les faux plats à l'entrée des restaurants
Devant la plupart des restaurants se trouvent des imitations de leurs plats, généralement très réussies et ressemblant comme deux gouttes d'eau à de vrais plats. Très bien pour "visualiser" ce que sert le restaurant (pratique pour un touriste) et booste l'appétit...





  • Les pistes cyclables mutualisées avec les trottoirs piétons

Piétons et vélos circulent donc sur la même voie (c'est surtout à Kyoto que nous avons vu ça). Un peu pénible pour les piétons lorsque c'est étroit mais cela a permis de développer massivement l'utilisation du vélo.


  • Et le plus étonnant pour la fin : les trains à l'heure.
Nous avons dû prendre une vingtaine de trains, et le plus gros retard que nous avons constaté (que ce soit au départ ou à l'arrivée) a été d'une minute, et cela que se soit sur des compagnies privées ou issues de l'ancienne compagnie publique JR (le système ferroviaire est privatisé au Japon).

Résultat : j'ai l'air ridicule quand je demande au monsieur du guichet si 10 minutes ça ne fait pas trop court pour une correspondance. Il n'a toujours pas compris pourquoi cette question... Tout est tellement réglé, que seules 3 minutes sont souvent suffisantes pour faire une correspondance, si la gare n'est pas trop grande ! ;-)


Le dernier point très appréciable au quotidien au Japon, mais qui n'est pas tant une bonne idée que quelque chose de profond dans la société, c'est le sens du service et le respect de l'autre. Ainsi, dans les commerces, les personnes multiplient les formules de politesse et les sourires, et veillent toujours à ce que tout se passe bien. Et il règne une atmosphère de sécurité que nous n'avons vu nul part ailleurs : on ne sent jamais agressé ni arnaqué, on ne voit jamais d'accrochages entre les gens et personne ne craint le vol, même dans une ville aussi gigantesque que Tokyo. J'ai même perdu mon mobile dans un onsen (bain chaud public) et quelqu'un l'a ramené à l'accueil...

vendredi 19 novembre 2010

Kyoto : des deux côtés du miroir...



Cela fait désormais un mois que nous sommes en voyage et le temps file à la vitesse d'un shinkansen. Ce dernier étant le TGV japonais, dans lequel nous sommes au moment où j'écris ces lignes. Nous nous dirigeons vers Hiroshima, où nous allons faire une plongée dans une page de l'Histoire. Nous quittons donc Kyoto après 9 jours passés là-bas. Mes sentiments sont partagés... Nous n'avons vraiment pris réellement racine qu'à Kyoto, les autres villes où nous nous sommes rendus, nous n'avons fait qu'y passer, et je ne sais pas si ce que l'on a constaté à Kyoto peut s'appliquer à tout le Japon... Pour le moment, partons du fait que cela soit propre à cette ville.

Notre arrivée à Kyoto n'a pas réellement répondu à mes attentes du Japon. On a enchaîné 24 h de transit entre Pékin et Kyoto, et après une nuit difficile dans un autocar, nous avons été déposé à 5h30 du matin dans une ville encore endormie... Normalement le check-in de notre appartement meublé (un bien grand nom...) ne devait être fait qu'à 12h. Nous avions donc devant nous un paquet d'heures à tuer en attendant de prendre une douche et de faire une sieste...

(le nom de notre résidence : furnished appartement, ce qui pour les non-anglophones, signifie l'appartement meublé...) ;-)

La ville m'est d'abord apparue triste, terne. Les tons des bâtiments vont du gris en passant par le marron et le beige. Tout est bien rangé, bien propre, rien ne dépasse, tout est carré ! Quel contraste avec la Chine !!! Et puis surtout, il y a ce respect des lois, encore plus important qu'en Allemagne ! Les taxis vous laissent même passer quand le feu est vert pour les piétons et qu'ils doivent tourner ! Bref, ma première impression était d'être tombée dans une ville un peu trop aseptisée ! Après avoir vécu quelques temps en Tunisie, le contraste a été un peu violent...

Et puis nous avons commencé à nous promener. Kyoto est une salle aux trésors à ciel ouvert enveloppé, en cette saison, par un écrin rougeoyant d'érables colorés... Nous avons parcouru les plus grands sites touristiques de la ville, vu les quartiers anciens, priés dans les temples shintoïstes. C'était troublant, nous étions envoûtés par tout ce que nous voyons... Nous ne savions plus où poser le regard et les balades ont pris un temps fou, car nous nous arrêtions sur tout ! Même les boutiques de souvenirs sont trop mignonnes !

C'est d'ailleurs son impressionnant patrimoine culturel qui a sauvé Kyoto en 1945. Les américains l'avaient placé sur leur liste des villes pour l'envoi d'une bombe A, mais une américaine et un français sont intevenus en arguant qu'une paix future serait impossible à envisager avec le Japon si leur ville joyau était rasée...

Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Une magnifique ville, où il n'est pas étonnant de voir des couples habillés en tenue traditionnelle déambuler dans les rues du quartier de Gion.

La saison est également idéale, et je ne regrette pas de ne pas voir les cerisiers en fleur, tellement l'automne avec sa douce lumières et ses couleurs chaudes est un réel plaisir pour les yeux... Malgré que la ville soit peuplée de plus d'un million d'habitants, la campagne est proche et la densité n'est pas écrasante. En 35 min en bus depuis le centre, nous nous sommes retrouvés en pleine forêt au milieu des singes... Les temples sont très beaux et les jardins qui y sont abrités sont de véritables tableaux, dans lesquels le spectateur pourrait se perdre durant des heures...



Un pur délice et une ville agréable à vivre. Du moins au premier abord...

Car ceci est le premier aspect de Kyoto. Mais, à l'instar du miroir d'Alice, il a un côté plus sombre, teinté de désespoir et de solitude... Contrairement aux chinois, les japonais ne se parlent pas entre eux. Il y a tellement de retenue, de peur de gêner l'Autre, qu'il n'y a pas de dialogue entre deux étrangers.

Il y a également une sorte de schyzophrénie entre les cris d'accueil dans n'importe quel magasin, accompagné d'un large sourire et la tête que font les gens dans la rue, dans le métro, dans les restaurants. Il y a comme une sorte de voile de tristesse qui les enveloppe. Et le plus frappant c'est le soir. Lorsque nous avons dîné à l'extérieur, nous avons sélectionné les adresses les moins chères, car ici une simple gargotte peut vous proposer sans vergogne un menu à plus de 100 € (et oui, c'est aussi ça le Japon ! Terrifiant les prix, mais là n'est pas le propos...). Ce sont donc des endroits où l'on dîne rapidement et pour 9 à 10 € par personne. C'est bon, simple et rapide. Ce qui en fait un lieu idéal pour tous ces hommes esseulés, venus dîner après le travail. Cette ambiance de solitude dans les restaurants m'a presque filé le cafard. Les tables sont disposées pour que l'on puisse dîner sans être importuné par un autre être humain. Bien rester dans sa bulle, ne pas déranger et ne pas être dérangé... Il y a quelque chose de triste en cela, et l'on comprend leur besoin de petits chatons à la Hello Kitty ou de personnages de dessins animés.

La vie à Kyoto, à voir si cela s'applique à tout le Japon, est un peu le stade ultime de la vie d'adulte sans buts et sans passion. Seules les sorties arrosées entre collègues permettent un semblant d'évasion. Je me demande si tous les jeunes que l'on voit, qui débordent de vies et de joies, rentreront dans le moule, écrasés par le poids des traditions et une culture (bien que très riche et intéressante) qui annihile l'individu au profit de la communauté.

Et surtout, je m'interroge : est-ce cela le Japon ?

Enjoy ! :0)